Updated: Feb 12, 2021

  • Une équipe internationale d'experts menée par l'OMS vient de déclarer que l'origine du coronavirus est certainement animale et ne retient pas l'hypothèse d'une fuite du laboratoire P4 de Wuhan.

  • Ces résultats préliminaires sont le fruit de 4 semaines d'enquête sur le terrain. Mais la fiabilité de ces résultats est sujette à caution, puisque l'enquête n'a été rendue possible que plusieurs mois après le début de l'épidémie, retard imputé à de longues négociations sur sa mise en place entre la Chine et l'OMS.

  • L'équipe n'a pas non plus trouvé d'évidence d'une large propagation du virus à Wuhan ou hors de Wuhan avant décembre 2019.

  • De manière concomitante, une étude viendrait prouver que les personnes atteintes de démence auraient 2 fois plus de risque d'être infectées par le coronavirus et que les risques de complications et de décès seraient aussi plus élevés chez eux (cf. graphique ci-dessous).

  • L'explication de cette augmentation du risque n'est pas encore claire, certains médecins suggèrent que les personnes atteintes de démence auraient plus tendance à oublier de porter le masque et de respecter la distance sociale.

  • Cette étude repose sur l'analyse de 62 millions de fichiers médicaux électroniques d'américains de plus de 18 ans collectés entre le 1er février 2020 et le 21 août 2020.

Lecture:

  • Assez peu de surprises quant aux conclusions préliminaires de l'équipe de l'OMS. On se rappelle en effet que l'OMS saluait l'efficacité de la Chine dans la gestion du début de pandémie fin janvier 2020 (lire ici); et la Chine a eu presque 1 an pour préparer la visite des experts. Soulignons au passage que le marché de Huanan, où l'équipe s'est rendue, est fermé depuis janvier 2020...

  • L'étude sur la démence comme facteur de risque est plus surprenante: dans ces conclusions certes, mais aussi par l'ampleur des dossiers médicaux consultés (environ 1/5 de la population américaine) et par l'implication d'IBM dans l'histoire. Espérons que le respect des données personnelles ait été maintenu au cours de l'étude...

(Références ici, ici et )

Updated: Feb 4, 2021

  • Les deux laboratoires Pfizer et Moderna vont mener des essais avec leurs vaccins sur de jeunes sujets (à partir 12 ans) afin de valider l'utilisation du vaccin sur ces derniers auprès de la FDA d'ici le printemps de cette année.

  • La semaine dernière, Pfizer annonçait avoir terminé le recrutement de 2.200 volontaires alors que Moderna est en cours de recrutement des siens.

  • Pfizer est actuellement autorisé aux Etats-Unis pour les plus de 16 ans et Moderna pour les plus de 18 ans.

  • Bien que les jeunes aient des taux d'hospitalisation et de décès liés au Covid-19 bien inférieurs à ceux des autres groupes d'âges, et que certaines études viendraient montrer qu'ils propagent le virus plus lentement que les adultes, des docteurs du CDC plaident pour la vaccination des jeunes. Parmi les arguments avancés:

  1. Certains enfants ont des conditions sous-jacentes qui pourraient entraîner une forme grave de la maladie s'ils étaient infectés.

  2. De nombreux jeunes travaillent dans l'industrie des services alimentaires qui est une industrie particulièrement exposée au risque du Covid-19.

  3. Il est plus facile de suivre (contrôler) la vaccination de la population jeune.

  4. Vacciner les jeunes est indispensable pour atteindre l'immunité collective (25% de la population américaine a moins de 18 ans).

  • Aucun laboratoire n'a pour le moment dévoilé de plan pour tester son vaccin sur les enfants.

Lecture:

  • Les autorités sanitaires américaines ont de la suite dans les idées. On se rappelle qu'en octobre dernier, l'académie de médecine des Etats-Unis, à la demande du patron du NIH, l'institut de la santé qui gère entre autres la recherche sur le coronavirus, publiait son plan de priorisation de la distribution du vaccin. On pouvait y voir les jeunes et les enfants venir avant la population générale en terme de priorité (cf. graphique ci-dessous).

  • Mais encore une fois, dans l'empressement de développer une solution vaccinale, les questions éthiques sont de nouveau évitées. Est-il acceptable de faire porter le poids de l'immunité collective de manière disproportionnée à la population la moins à risque? Et comment s'assurer d'avoir suffisamment de recul avant de passer à la vaccination massive des jeunes? Autant de questions qui laissées sans réponse, ne manqueront pas de renforcer la position de ceux déjà sceptiques sur le bénéfice du vaccin Covid-19.

(Références ici et ici)

Updated: Jan 29, 2021

  • Le groupe pharmaceutique américain Merck a annoncé l'arrêt du développement de ses 2 candidats vaccins contre le COVID-19. Les résultats montrent qu'ils sont moins efficaces qu'espérés puisque les réponses immunitaires induites sont inférieures à celles observées chez les personnes guéries d'une infection naturelle et à celles observées avec les vaccins autorisés (Pfizer, Moderna).

  • Merck va désormais concentrer ses efforts sur la recherche et la production de 2 médicaments expérimentaux contre le Covid-19, le MK-7110 et le MK-4482.

  • Le MK-7110 est une thérapie intraveineuse qui améliorerait les chances de remissions (de 50%) et la rapidité de la rémission chez les patients du Covid-19 en état grave ou critique. Le gouvernement américain a passé un contrat d'environ 356 millions de dollars avec Merck pour se procurer le MK-7110.

  • Le MK-4482 est un antiviral administrable par voie orale aussi appelé molnupiravir

  • Merck était entré tardivement dans la course aux vaccins en achetant la compagnie de biotechnologie autrichienne Themis, qui a l'exclusivité sur la méthode de développement de vaccin basée sur la modification du virus de rougeole (cf. tableau ci-dessous). Cette méthode a été conçue par et appartient à l'Institut Pasteur. L'Institut Pasteur, lui, continue ses travaux sur 2 autres projets de vaccins contre le Covid-19, qui sont à un stade toutefois préliminaire (phase préclinique):

  • Le premier serait administrable par voie nasale

  • Le second est un candidat vaccin à ADN

Lecture:

  • Les candidats vaccins de Merck n'avaient pas été retenus par le gouvernement américain pour un investissement en vue d'un développement accéléré. Accès à une information privilégiée ou flair des affaires, en tout cas le gouvernement américain évite ici une perte de plusieurs centaines de millions de dollars (montant qu'il a investi par exemple sur Moderna ou encore Astrazeneca).

  • La technique vaccinale poursuivie par Merck, certes innovante, ne faisait pas pénétrer dans la cellule du vacciné de matériel génétique du virus ou de matériel génétique manipulé. Il faudra donc attendre la finalisation des vaccins de Novavax ou de Sanofi, toujours en développement, pour que celui qui cherche à se faire vacciner puisse disposer d'un vaccin qui ne va pas introduire de matériel génétique dans ses cellules.

(Références ici, ici et et )

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