Updated: Dec 30, 2020

  • L'Union Européenne vient de lancer sa campagne de vaccination contre le coronavirus et vise l'injection de 6.25 millions de doses d'ici la fin de l'année 2020. Le vaccin devrait être distribué en priorité au personnel de santé et aux personnes âgées avant d'être rendu disponible pour le grand public au plus tôt au premier trimestre de 2021.

  • Cette campagne, qui débute donc juste après la Noël, a été rendue possible grâce à la récente validation du vaccin Pfizer/BioNTech par "l'Agence Européenne des Médicaments" (AEM) entérinée par la commission européenne le 21 décembre.

  • L'AEM, qui avait commencé sa revue des résultats du vaccin Pfizer/BioNTech dès début octobre, a néanmoins accéléré sa procédure habituelle de validation de moitié pour le vaccin contre le Covid-19. Défendant sa procédure, et rejetant toute insinuation d'une quelconque influence politique dans sa décision, l'AEM a par ailleurs souligné que le vaccin devrait être efficace contre la nouvelle variante britannique et très contagieuse du coronavirus.

  • Dans le même temps, le pape dans son message de Noël cautionnait la distribution grand public de vaccins. Message d'autant plus pragmatique qu'il fait suite aux déclarations du Vatican du 21 décembre qui estimaient "moralement acceptable" pour un catholique d'être vacciné par un vaccin issu d'un développement ayant eu recours à l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement.

  • Le Vatican reconnaissait ainsi qu'il n'est pas toujours possible pour les catholiques de choisir leur vaccin (souvent imposé par les organismes de santé) et soulignait que sa décision ne tient pas lieu d'approbation des recherches et développements reposant sur l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement.

  • De surcroit, le Vatican précisait que la vaccination "n'est pas une obligation morale" et ne doit donc pas être rendue obligatoire. Mais que l'obligation morale pour les catholiques est de protéger leur propre santé ainsi que celle des autres pour le bien commun (ce qui peut donc justifier leur vaccination) et pour les laboratoires pharmaceutiques de développer des vaccins et médicaments éthiquement irréprochables.

Lecture:

  • L'Europe emboite donc le pas au Royaume-Uni et aux Etats-Unis qui avaient déjà validé le vaccin Pfizer et lancé leur campagne de vaccination. Et comme dans ces pays, le processus de validation a été pour le moins expéditif. Ajoutons à cela que l'AEM, qui se réclame politiquement indépendante, a néanmoins dans son passé été épinglée pour sa complaisance envers ses experts ayant des conflits d'intérêt [1]. Et l'on comprend mieux la réticence particulièrement élevée envers le vaccin en France…

  • Relevons aussi l'appui, juste à temps, du Vatican à la campagne de vaccination européenne. Il faut dire que l'on s'y attendait avec la création récente du "conseil pour un capitalisme inclusif" (cf. post du 10 décembre) puisque l'une de ses résolutions pilotée par Johnson&Johnson est de développer un vaccin contre le coronavirus bon marché et d'en distribuer plus d'un milliard de doses au niveau mondial d'ici 2021. Il est cependant intrigant de noter que le vaccin en cours de développement par Johnson&Johnson est l'un de ceux qui est basé sur l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement (cf. table ci-dessous).

[1] Article du Canard enchaîné, 7 décembre 2011, p 3, “Le gendarme européen du médicament testé corrupto-positif”

* i.e. sans recours l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement

(Références ici, ici, ici et et )

Updated: Dec 24, 2020

  • Le président de Microsoft, Brad Smith, a publié un article sur la nécessité de mettre en place une approche globale de cybersécurité, pilotée par les US, pour faire face au risque accru posé par les attaques de certaines nations. Il note à cet égard 3 courants d'évolution dans les cyberattaques de 2020:

  1. La détermination et la sophistication des attaques, allant jusqu'à cibler des compagnies d'informatique intermédiaires. Ainsi, le produit d'une société de software (SolarWinds) a été infecté puis a à son tour contaminé plus de 17.000 clients, principalement aux US (cf. graphiques ci-dessous). Microsoft aurait identifié les nations 'soutenant' les groupes à l'origine de ces cyberattaques: la Russie, l'Iran, la Chine et la Corée du Nord.

  2. L'apparition de compagnies du domaine privé engagées dans le développement et le commerce de mécanismes de cyberattaque. Ici, il y a l'exemple de la compagnie "NSO group", basée en Israël, qui a créé une application s'attaquant à WhatsApp et l'a vendue à certains gouvernements, qui l'ont ensuite utilisée pour surveiller des journalistes et des militants…

  3. L'utilisation de cyberattaques en période de pandémie Covid-19. Des attaques ont visé des hôpitaux, des organismes de santé (comme l'OMS) et des laboratoires impliqués dans le développement d'un vaccin.

  • Le président de Microsoft recommande une approche globale et commune du secteur privé et des gouvernements. Il souligne les éléments décisifs qu'il faudra mettre en œuvre:

  1. Assurer le partage d'information entre les différents services des gouvernements, les différents états et les différentes compagnies privées pour que des acteurs comme Microsoft puissent agréger l'information et l'analyser.

  2. Durcir les lois internationales à l'encontre des nations qui soutiennent les groupes pratiquant des cyberattaques et les tenir responsables de ces attaques.

Lecture:

  • Voici un joli appel du pied de Microsoft au nouveau président américain en amont de la 'grande remise à zéro' du Davos 2021. Il s'agit de rappeler à Biden que Microsoft a l'ambition et les moyens de piloter un système de sécurité informatique global. Ce serait après tout bâtir sur l'expérience que la compagnie a pu acquérir dès 2013, lorsque l'on apprenait qu'elle avait travaillé avec le FBI pour leur garantir un accès dérobé sur les données privées des ordinateurs sous Windows (voir ici). C'est donc tout un programme pour 2021!

  • On notera au passage que les nations ennemis sont toujours les mêmes, et que c'est encore la peur du terrorisme qui devrait justifier l’empiétement de nos libertés individuelles et permettre aux GAFA d’accroître leur emprise sur les systèmes d'information et de gestion de données au niveau global (en fait, il faut lire pour les pays dans "l'axe américain").

(Référence ici et )

Updated: Dec 16, 2020

  • Face à une augmentation 'exponentielle' des infections, plusieurs pays d'Europe vont reconfiner pour les périodes de fêtes:

  • L'Allemagne va fermer tous ses commerces 'non essentiels' du 16 décembre au 10 janvier. Et les rassemblements de plus de 5 personnes de foyers différents seront interdits (avec une relax pour le réveillon). Les croyants sont invités à suivre la messe de Noël à la télévision.

  • Les Pays-Bas aussi fermeront tous les commerces 'non essentiels' et les écoles à partir du 16 décembre jusqu'au 19 janvier. Un maximum de 2 invités par jour pour chaque foyer sera autorisé (avec une relax à 3 pour le réveillon).

  • La Tchéquie va limiter les rassemblements en intérieur et en extérieur à 6 individus (contre 10 et 50 actuellement) et va instaurer un couvre-feu commençant à 10 heures du soir.

  • L'Italie serait aussi en train d'envisager des mesures coercitives entre Noël et nouvel an.

Lecture:

  • Sans compter l'Italie, voilà déjà environ 111 millions d'européens (83+17.3+10.6) privés de Noël, soit près d'un quart de la population européenne. Pour le moment, ce sont les pays très sécularisés et de tradition protestante qui annoncent ces re-confinements. Mais si l'Italie venait à embrayer le pas, cela aurait un retentissement bien plus important et amènerait sûrement la France à reconsidérer les mesures qu'elle compte appliquer sur la période des vacances de fin d'année.

  • De plus, en regardant le graphique ci-dessous, on peut comprendre la position de l'Allemagne qui connaît en ce moment son plus haut taux d'infections; ainsi que celle des Pays-Bas qui sont en passe de renouer avec leur record de novembre. Mais la justification de la Tchéquie et celles éventuelles de l'Italie et de la France sont beaucoup plus mysterieuses. Ces pays sont en nette amélioration depuis leur situation de novembre et semblent encore avoir de la marge avant de revenir à des écueils comparables.

  • Notons pour finir la portée symbolique de mesures empêchant la célébration de Noël. Avec la Pâques, les deux plus grandes fêtes du christianisme auront ainsi été 'interdites' en Europe en 2020. La déchristianisation de l'Europe est-elle le prix à payer pour une sécurité sanitaire relative?

(Références ici et )

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