Après avoir "dépensé sans compter", faut-il fermer la RATP et la SNCF en Ile-de-France?

  • Anticipant une baisse de recettes de 2,6 milliards en 2020, conséquence de la crise sanitaire, la région Ile-de-France a décidé d'arrêter de financer les opérateurs de transport public de la région (SNCF et RATP). La chute de la fréquentation expliquerait 1,6 milliard de perte tandis que le milliard restant serait lié à la baisse du versement mobilité (une cotisation locale des entreprises qui permet de financer les transports en commun).

  • La présidente du conseil régional d'Île-de-France, Valérie Pécresse, qui pensait "que l'Etat serait à (ses) côtés", déclarait avoir "dépensé sans compter pour faire face à la crise", en payant l'équivalent de 100 % des services (RATP et Transilien de la SNCF) alors que seulement 30 % des trains roulaient et souvent à vide.

Lecture:

  • Aberrant de voir un énarque dépenser "sans compter" l'argent du contribuable, mais juste atterrant de comprendre que c'est pour payer des services de transport non rendus ou inutiles. A minima les coûts d'exploitation (essence, électricité, usure du matériel etc.) non dépensés à cause de la réduction d’activité devraient être soustraits de la note...

  • Mais passons, et regardons plutôt le budget de fonctionnement des transports en Ile-de-France (cf. graphiques ci-dessous).

  1. On voit qu'une baisse de 2.6 milliards représente à peu près 25% des recettes donc environ 3 mois de trésorerie. Pas étonnant donc de devoir arrêter les services en juillet...

  2. Ensuite, comme le revenu annuel perçu sur les voyageurs est de l'ordre de 2.8 milliards, on en déduit que si les usagers devaient combler le manque à gagner, le coût du transport doublerait en région parisienne...

  • En fait, on assiste sûrement au préambule d'une restructuration du transport en Ile-de-France et plus généralement en France. Et on anticipe déjà les grandes lignes de cette restructuration: consolidation des lignes d'exploitation avec arrêt des lignes peu rentables, réduction du personnel chez les opérateurs, et augmentation des tarifs pour les usagers. On pensait que le coronavirus nous avait confiné quelques (longues) semaines seulement, mais il pourrait bien avoir un impact à long terme sur la mobilité des français.

(Références ici et )