Après tout ce 'repos', il faudra peut-être (re)commencer à travailler vraiment!...

Points principaux:

  • Pour le président du Medef, en sortie de crise sanitaire, «il faudra bien se poser (…) la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance».

  • Mais c'est seulement si la croissance est au rendez-vous, car comme le souligne un analyste, «on imagine mal l’automobile et l’aéronautique reprendre à toute vitesse alors que les ventes de véhicules s’effondrent et que l’aérien est en pleine crise».

Lecture:

  • Un article qui semble anodin, mais qui est à la croisée de 2 tendances déjà annoncées dans cette revue de presse:

  1. Une volonté de dérégulation des règles du travail (cf. précédent post "Restez chez vous! Travaillez 60h par semaine!"[*]). Mais alors qu'on aurait pu imaginer une dérégulation visant à augmenter la productivité du 'travailleur' au travers de la réduction de ses charges (en particulier en matière de "bureaucratie"), il s'agit ici tout simplement de le faire travailler plus. Et pour continuer dans la lancée du post de référence[*], l’idée qui va suivre naturellement est de faire sauter en priorité les fêtes religieuses (catholiques) puis les dimanches...

  2. La recherche de sources de financement. Ici la 'croissance' (il faut lire les salaires des travailleurs) permettrait de financer les plans de sauvetage lancés lors de la crise du coronavirus. C'est qu'il faut bien trouver au moins 120 milliards d'Euro soit 5% du PIB français (cf. précédent post "Et on leur pèlera le jonc"[**]). Rappelons que depuis les 30 glorieuses la France n'a JAMAIS connu une croissance annuelle à 5% de son PIB, la croissance annuelle actuelle est plutôt de l'ordre de 1% (cf. ci-dessous et référence ici) . A ce rythme, et si toute la croissance créée au dessus du niveau de 2019 était capturée par de l’impôt, il faudrait un minimum de 5 ans (!) après un retour à la normale avant d'épongé la dette liée aux plans de sauvetage...

  • On se demande si la sortie de crise ne sera pas pire que la crise elle-même...

(Référence ici)