La clé de voûte de la vaccination: les jeunes (et les enfants)…

  • Les deux laboratoires Pfizer et Moderna vont mener des essais avec leurs vaccins sur de jeunes sujets (à partir 12 ans) afin de valider l'utilisation du vaccin sur ces derniers auprès de la FDA d'ici le printemps de cette année.

  • La semaine dernière, Pfizer annonçait avoir terminé le recrutement de 2.200 volontaires alors que Moderna est en cours de recrutement des siens.

  • Pfizer est actuellement autorisé aux Etats-Unis pour les plus de 16 ans et Moderna pour les plus de 18 ans.

  • Bien que les jeunes aient des taux d'hospitalisation et de décès liés au Covid-19 bien inférieurs à ceux des autres groupes d'âges, et que certaines études viendraient montrer qu'ils propagent le virus plus lentement que les adultes, des docteurs du CDC plaident pour la vaccination des jeunes. Parmi les arguments avancés:

  1. Certains enfants ont des conditions sous-jacentes qui pourraient entraîner une forme grave de la maladie s'ils étaient infectés.

  2. De nombreux jeunes travaillent dans l'industrie des services alimentaires qui est une industrie particulièrement exposée au risque du Covid-19.

  3. Il est plus facile de suivre (contrôler) la vaccination de la population jeune.

  4. Vacciner les jeunes est indispensable pour atteindre l'immunité collective (25% de la population américaine a moins de 18 ans).

  • Aucun laboratoire n'a pour le moment dévoilé de plan pour tester son vaccin sur les enfants.

Lecture:

  • Les autorités sanitaires américaines ont de la suite dans les idées. On se rappelle qu'en octobre dernier, l'académie de médecine des Etats-Unis, à la demande du patron du NIH, l'institut de la santé qui gère entre autres la recherche sur le coronavirus, publiait son plan de priorisation de la distribution du vaccin. On pouvait y voir les jeunes et les enfants venir avant la population générale en terme de priorité (cf. graphique ci-dessous).

  • Mais encore une fois, dans l'empressement de développer une solution vaccinale, les questions éthiques sont de nouveau évitées. Est-il acceptable de faire porter le poids de l'immunité collective de manière disproportionnée à la population la moins à risque? Et comment s'assurer d'avoir suffisamment de recul avant de passer à la vaccination massive des jeunes? Autant de questions qui laissées sans réponse, ne manqueront pas de renforcer la position de ceux déjà sceptiques sur le bénéfice du vaccin Covid-19.

(Références ici et ici)