Le coronavirus creuse le fossé social

  • Une étude UBS et PwC vient nous apprendre que malgré la crise sanitaire, la fortune cumulée des milliardaires n'a jamais été aussi élevée, atteignant maintenant 10.2 trilliards de dollars (cf. graphiques ci-dessous). C'est 14% de plus que le précédent record de 2017 qui était à 8.9 trilliards de dollars. Le monde compte désormais 2,189 milliardaires, avec les milliardaires américains pesant le plus lourd dans la fortune mondiale cumulée des milliardaires (environ 64%).

  • Dans le même temps, la banque mondiale tire la sonnette d'alarme sur l'augmentation probable du nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté, c'est-à-dire vivant avec moins de 1.9 dollars par jour. Avec cette augmentation prévue, la première depuis plus de 20 ans (cf. graphique ci-dessous), le nombre de personnes en condition d'extrême pauvreté devrait augmenter de 115 millions d'individus. Les pays déjà les plus touchés par la pauvreté devraient être ceux où cette augmentation de la pauvreté extrême serait la plus sensible (82% des nouveaux cas).

Lecture:

  • Voici une illustration frappante des conséquences de la crise sanitaire. Comme déjà relevé à maintes reprises sur ce blog, les ultra-riches deviennent encore plus riches, alors que les ultra-pauvres deviennent encore plus pauvres.

  • Alors que l'on peut comprendre l'appauvrissement de tous et donc aussi des plus pauvres dans le marasme économique actuel, l'enrichissement des plus riches est plus surprenant. En effet, avec des PIB en berne à travers le monde, il est clair que la création de richesses tourne au ralenti. La richesse 'captée' par les ultra-riches ne provient donc pas d'une augmentation de transactions commerciales générées par une économie fleurissante, mais principalement de la plus-value boursière enregistrée sur les derniers mois. Par exemple, la bourse américaine a déjà presque retrouvé son niveau d'avant crise Covid-19, qui était lui-même à un record historique (cf. graphique ci-dessous). Et ceci est entretenu par la politique monétaire 'non conventionnelle' (QE) des Etats-Unis. Les ultra-riches profitent donc du système politico-financier qui aide d'abord les plus riches...



(Références ici, ici et )