Le coronavirus remet les enfants au travail (mais malheureusement pas scolaire)

Points principaux:

  • La pandémie de Covid-19 aura sans aucun doute des conséquences sur le travail des enfants selon l'Organisation internationale du Travail et l'Unicef. De fait, les progrès enregistrés depuis l'an 2000 pourraient être effacés en quelques mois et des millions d'enfants pourraient être contraints de travailler.

  • En 2017, 152 millions d'enfants travaillaient dans le monde soit 94 millions de moins qu'en 2020 (un recul de 38% donc). Et près de la moitié de ces enfants, 73 millions, étaient soumis à des conditions particulièrement dures, considérées comme les pires formes de travail de mineurs : prostitution infantile, traite des mineurs, servitude pour dettes, enfants-soldats etc.

  • L'Unicef cite comme raison principale l'augmentation du nombre de personnes en situation d'extrême pauvreté (+50 millions cette année), conséquence de la crise sanitaire.

Lecture:

  • Plus que l'augmentation du nombre de personnes en situation d'extrême pauvreté (+50 millions, soit +7% comparé au dernier niveau enregistré de 2015 avec 736 millions - voir ici), il faut considérer le nombre de personnes en grave difficulté alimentaire. Et ce nombre pourrait doubler à cause de la pandémie selon les Nations Unies, passant de 135 millions à environ 265 millions (cf. post du 22 avril "Des famines de proportions "bibliques"). On comprend là que les résultats obtenus entre 2000 et 2017 sur le travail des mineurs (-94 millions) pourraient être plus que complètement effacés...

  • On avait déjà relevé dans cette revue de presse comme conséquences du virus: l'augmentation de la pauvreté, du chômage, de la précarité de l'emploi et du risque de famines, mais à la funeste liste vient maintenant s'ajouter le travail des mineurs (souvent dans des conditions ignobles). C'est dramatique de voir toutes les répercussions du virus et de la gestion de la crise avec (comme toujours) en première ligne les plus pauvres et les plus fragiles...

(Référence ici et là)