Le prix du pétrole remonte, mais toujours pas assez pour sauver les US

  • Le prix du pétrole remonte à son plus haut niveau depuis 4 mois pour atteindre un peu plus de 40$ du baril.

  • Voyant quelques signes d’amélioration du marché, l'OPEP et ses alliés (OPEP+) vient de décider une augmentation de son niveau de production de 2 millions de barils par jour à partir d’août.

  • Depuis mai, l'OPEP+ avait en effet réduit sa production de 9.7 millions de barils par jour, un niveau de réduction historique équivalent à plus de 10% de l'offre globale.

  • On estime que la demande en pétrole a chuté d'environ 30% au plus fort de la crise du coronavirus.

Lecture:

  • Le prix du pétrole est effectivement en train de remonter, mais il est toujours 36% en dessous des cours de début d’année, avant la crise sanitaire (voir graphique ci-dessous). Si l'on considère que l'offre en pétrole a baissé de 10% pendant les derniers mois, mais que le prix n'a pas augmenté mais au contraire a aussi reculé de 36%, on peut penser que la demande pour l'or noir a réduit en fait d'environ 46%. Et si la demande reflète la consommation de pétrole qui est un bon indicateur de l’activité économique, on peut estimer que la crise sanitaire (confinement etc.) aura divisé par deux l’activité économique mondiale.

  • Mais notons aussi les implications géopolitiques potentielles d'un cours du pétrole se maintenant à environ 40$ du baril. En effet, un tel cours ne permet pas aux producteurs américains de recouper leur coûts. Ces derniers utilisent une technologie d'extraction chère (schiste) et se sont endettés ces dernières années pour mettre en place une production à grande échelle (pipeline etc.). Ces investissements envisageaient un cours à 60$ du baril et les producteurs US se retrouvant maintenant dans l’incapacité de rembourser leurs prêts, une vague de faillites s'abat sur eux (lire ici). Au contraire, la Russie (hors taxes gouvernementales) et surtout l'Arabie Saoudite ont des coûts de production plus modérés, à respectivement 32$ du baril et 17$ du baril, ce qui leur permet de dégager des bénéfices même à 40$ du baril (lire ici).

  • Les Etats-Unis, qui avaient finalement réussi à réduire leur dépendance énergétique en pétrole à moins de 5% de leur consommation en 2019 (lire ici) vont être contraints de revoir leur plans. Ils peuvent accepter une plus grande dépendance énergétique (peu probable dans le contexte économico-politique actuel) ou protéger leurs producteurs de pétrole, via des subventions dans un nouveau plan de sauvetage ou des limitations d'import (?)...

(Références ici et ici)