Le tiercé malsain du Japon pour le développement de son application de traçage du coronavirus

Points principaux:

  • Cette semaine le gouvernement japonais rend disponible son application de traçage des contacts, en prévision d'une potentielle seconde vague de coronavirus.

  • L'application, basée sur la technologie Apple & Google, devait être développée par une firme japonaise et être prête pour mai. Mais les deux géants américains ont imposé, en cours de route, des conditions supplémentaires quant à l'utilisation de leur technologie; conditions qui ont conduit le gouvernement japonais à remercier la firme nippone déjà au travail depuis un mois, pour confier le développement de l'application à Microsoft.

  • Le taux de pénétration de l'application doit atteindre au moins 60% pour que l'application se révèle efficace. Mais un tel succès de l'application est incertain, dans les pays ayant déployé des application de traçage comme Singapour ou l’Islande, les taux de pénétration sont seulement de l'ordre de 40% ou moins...

Lecture:

  • Revoilà le thème chouchou de cette revue de presse (l'application de traçage) puisque c'est lui qui est à l'origine de ce blog (cf. post du 20 mars "Les gouvernements à la chasse au données personnelles - merci coronavirus").

  • On a avec cet article un exemple frappant d'atteinte à la souveraineté nationale nippone de la part des géants américains. Le gouvernement du Japon avait en effet arrêté les modalités de développement de l'application. Mais hélas ces dernières ne convenaient pas au couple Apple - Google... Et il est stupéfiant de voir qu'in fine c'est le Japon qui s'est plié aux conditions de développement des deux compagnies américaines! On peut aussi mettre en parallèle de cet article, l’étrange volte-face de l'Allemagne dans l'histoire du développement de l'application de traçage en Europe (cf. post du 6 mai "L'application StopCovid sortira en France pour la phase 2 du déconfinement. Et la phase 1 alors?"). De manière très similaire, l'Allemagne s’était elle aussi engagée sur le développement d'une solution 'indépendante' mais a du renoncer à ses travaux aux profits de la solution Apple & Google...

  • Dernier point à noter, le développement confier à Microsoft! Décidément, on croise souvent et de manière toujours très fortuite la figure de Bill Gates dans cette revue de presse...

(Référence ici)