Les autorités américaines vont vouloir vacciner les enfants contre le coronavirus

  • Des chercheurs du centre pour le contrôle et la prévention des maladies (le CDC) ont étudié le taux de vaccination des enfants contre la dernière grippe (celle de 2019-2020) pour en déduire les facteurs ayant inhibé une plus large vaccination de ceux-ci.

  • Il en ressort que les enfants ayant un parent sceptique, environ 20% des enfants, ont beaucoup moins de chance d'être vaccinés que les enfants de parents non sceptiques (cf. graphique ci-dessous).

  • Les facteurs expliquant la réticence de certains parents sont la peur d'effets secondaires, la crainte d'avoir trop de vaccins sur l'enfant en même temps et la suspicion de ne pas avoir une source sûre d'information auprès de leur docteur.

  • Les experts médicaux s’inquiètent que le scepticisme observé sur le vaccin de la grippe ne le soit aussi sur le vaccin contre le coronavirus à venir. Et l'article souligne que les enfants en dessous de 5 ans seraient de très bons agents contaminants, puisqu'ils auraient entre 10 et 100 fois plus de matériel génétique du virus dans leur nez que les adultes, pendant plusieurs semaines et tout en ne présentant que peu ou pas de symptômes.

Lecture:

  • Puisque la comparaison avec l’épidémie de grippe en 2019-2020 constitue le socle de l’étude du CDC, il faudrait aller jusqu'au bout; et aussi rappeler que la grippe avait alors emporté 195 enfants aux Etats-Unis (une année malheureusement record en la matière) alors que le coronavirus en a emporté 121 jusqu’à présent. Mais il semble que l'argument en faveur de la vaccination des enfants ne soit pas celui de les protéger du virus, car on les voit peu symptomatiques. Ils représenteraient donc une population à moindre risque, à la différence de la grippe.

  • Mais comme on le notait déjà dans le post du 19 août et celui du 28 mai, certains responsables de la santé pensent que les populations vaccinables (donc les enfants qui doivent montrer leur carnet de vaccins à chaque rentrée) doivent être 'plus' vaccinées pour amener le taux de vaccination de la population générale à environ 70%. Mais est-il éthique de vouloir faire porter le poids de la vaccination à la population (des enfants) qui en a peut-être le moins besoin et les exposer ainsi à de potentiels effets secondaires sur un vaccin développé en un temps record avec des méthodes si 'innovantes'? Surtout si ces nouveaux vaccins atteignent les 90% d’efficacité, ne serait-il pas plus judicieux d'offrir ce vaccin, à la discrétion de chaque patient des populations à risque (e.g. personnes âgées et avec conditions sous-jacente)?

(Références ici, ici et )