Les coûteuses propositions d'une convention citoyenne pilotée par certains groupes d’intérêts...

Points principaux:

  • Après près d'un an de travaux, les 150 membres de la convention citoyenne pour le climat, tous citoyens tirés au sort, ont remis leurs 150 propositions de loi au gouvernement.

  • Mais la classe politique française est divisée sur le résultat de cette convention citoyenne. Parmi les mesures proposées : la rénovation énergétique obligatoire de tous les logements d'ici 2040, ou l'organisation progressive de la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs d’ici 2025...

  • La convention a été décidée par le Président de la République qui s’est engagé à ce que ces propositions législatives soient soumises “sans filtre” soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe.

Lecture:

  • Hasard du calendrier, ces propositions de lois tombent au moment où le gouvernement est en position de force dans le paysage industriel français. Au lendemain de plans de sauvetage massifs issus de la crise sanitaire (e.g. Renault ou Air France), on voit mal comment les industriels français pourraient s'opposer à la volonté gouvernementale...

  • Mais comme à l’accoutumée dans cette revue de presse, intéressons-nous d'abord aux origines des propositions, ici la convention citoyenne. Et l'on est tout de suite surpris par 3 caractéristiques de cette initiative présidentielle inédite.

  1. Le budget de la convention a été de 5,389,126 Euro (voir ici). Etant donné qu'elle a abouti à 150 propositions de loi, cela donne environ 36,000 euro la proposition. Ça fait cher la proposition... (Une étude par un cabinet de conseil aurait coûtée 10 fois moins!)

  2. Quelle est la représentativité de 150 citoyens français? Avec une population d'environ 67 millions, un échantillon représentatif de la population française devrait compter au moins 384 personnes (marge d'erreur de l'ordre de 5%) - lire ici. Ce n'est donc pas la représentativité au sens statistique qui a été privilégiée, mais plutôt la dynamique de groupe. En effet, difficile de ne pas voir dans ce 150 le nombre de Dunbar qui est une limite pour la formation de groupes 'stables' donc 'contrôlables' (lire ici). Et au sujet de la dynamique de groupe, notons au passage qu'en face d'un large groupe de participants sans connaissance préalable d'un sujet pointu, les experts et les encadrants arrivent généralement à faire prévaloir leur opinion...

  3. Et justement, la convention a été confiée à la gouvernance de 2 co-présidents: Thierry Pech et Laurence Tubiana. Le premier est directeur général d'un groupe de réflexion (ou 'think tank') appelé Terra Nova. Ce think tank, 'macroniste', a bénéficié de près de 300,000 euro en subvention en 2018 soit environ 40% de son budget (cf. ici). Laurence Tubiana a un profil encore plus intriguant. Ancienne ambassadrice lors de la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques, elle avait aussi fondé en 2001 son think tank: le IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales). Et ce think tank a la particularité d’être associé à l'IDGM (initiative pour le développement et la gouvernance mondiale) dont il tirait 25% de ses revenus (soit environ 1 millions d'euros) en 2018 - voir ici. On notera au passage des liens financiers avec la fondation de Bill Gates et le IDDRI... Chouchou de cette revue de presse, Bill Gates était apparu comme très impliqué dans les sujets de santé au niveau planétaire, mais il apparaît aussi maintenant lié aux thèmes de climat et de gouvernance mondiale!...

  • Au final, méfions nous de l'influence potentielle que des groupes de réflexion gouvernementaux ou à la solde d'un mondialisme par l’écologie ont put avoir sur la convention 'citoyenne'. Et sans prendre pour argent comptant les propositions de loi de la convention, espérons qu'elles feront l’objet d'un référendum national où la véritable volonté du peuple pourra s'exprimer.

(Référence ici et là)