New-York part en vrille...

  • Confrontée à la crise du coronavirus et aux protestations des mouvements revendicatifs, la ville de New-York se retrouve dans une situation critique, caractérisée par:

  1. Un bilan sanitaire lourd. New York a été la ville américaine la plus touchée par le coronavirus avec 24,000 morts depuis le début de la crise.

  2. L'exode et l'appauvrissement de la population. Environ 500.000 new-yorkais de la classe moyenne ont fui la ville depuis mars. Et sur la population restante 1.2 millions de travailleurs ont perdu leur emploi, principalement ceux travaillant dans des conditions précaires (restauration et petits commerces).

  3. L'essor du crime. Le nombre de meurtres sur les 6 premiers mois de l’année a augmenté de 23% (atteignant 176) par rapport à la même période l’année dernière. Et sur le mois de juin seulement on comptait 250 fusillades soit une augmentation de 158% par rapport à mai! Le nombre de vols / pillages grimpait aussi de 119% comparé au mois précédent.

  4. Des commerces au bord de la ruine. Les touristes ne sont évidemment pas au rendez-vous pour soutenir les petits commerces et 186,000 d'entre eux pourraient rapidement faire faillite.

  • Beaucoup estiment que le maire de New-York a une grande part de responsabilité dans la catastrophe que subit la ville. Il vient de réduire de 1 milliard de dollars le budget de la police, et avait précédemment suspendu les contrôles de police conduit sur la base de 'soupçons'. Il avait aussi révisé les conditions de remise en liberté sous caution, ce qui a permis à des criminels violents de ressortir arpenter les rues.

Lecture:

  • Remettons d'abord les chiffres dans leur contexte. La population new-yorkaise est d'environ 20 millions. On voit donc que l'exode de 500.000 habitants représente la perte d'environ 2.5% de la population mais sûrement la perte de beaucoup plus en part de richesse de la ville. Le taux de chômage dans la ville a quant à lui atteint les 20% en mai (lire ici), un taux historique! On comprend donc la nécessité de faire des réductions budgétaires. Mais on ne comprend pas celle d'en faire autant seulement sur le budget de la police. Une coupe d'un milliard représente une coupe de 14% du budget! (lire ici) On ne s’étonnera pas de voir la situation sécuritaire se dégrader et l'exode des classes moyennes et des classes aisées s’accélérer...

  • Enfin, rappelons l’épopée de la 'zone autonome' de Seattle (cf. post du 12 juin "Vers une nouvelle forme de société") qui a présenté plusieurs points communs avec le cas de New-York. A commencer par un rejet des forces de l'ordre public, approuvé par la classe politique locale, qui conduit à une augmentation de la criminalité et à la déstabilisation des institutions locales. A Seattle, comme à New York, on voit donc un nouvel ordre se mettre en place. Et en vertu du principe d'action - réaction, on peut alors craindre une très forte poussée autoritaire sous le prochain président américain en 2021 (si la situation ne dérape pas complètement d'ici là).

(Référence ici)