Point vaccin Covid-19: la campagne est lancée en Europe

  • L'Union Européenne vient de lancer sa campagne de vaccination contre le coronavirus et vise l'injection de 6.25 millions de doses d'ici la fin de l'année 2020. Le vaccin devrait être distribué en priorité au personnel de santé et aux personnes âgées avant d'être rendu disponible pour le grand public au plus tôt au premier trimestre de 2021.

  • Cette campagne, qui débute donc juste après la Noël, a été rendue possible grâce à la récente validation du vaccin Pfizer/BioNTech par "l'Agence Européenne des Médicaments" (AEM) entérinée par la commission européenne le 21 décembre.

  • L'AEM, qui avait commencé sa revue des résultats du vaccin Pfizer/BioNTech dès début octobre, a néanmoins accéléré sa procédure habituelle de validation de moitié pour le vaccin contre le Covid-19. Défendant sa procédure, et rejetant toute insinuation d'une quelconque influence politique dans sa décision, l'AEM a par ailleurs souligné que le vaccin devrait être efficace contre la nouvelle variante britannique et très contagieuse du coronavirus.

  • Dans le même temps, le pape dans son message de Noël cautionnait la distribution grand public de vaccins. Message d'autant plus pragmatique qu'il fait suite aux déclarations du Vatican du 21 décembre qui estimaient "moralement acceptable" pour un catholique d'être vacciné par un vaccin issu d'un développement ayant eu recours à l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement.

  • Le Vatican reconnaissait ainsi qu'il n'est pas toujours possible pour les catholiques de choisir leur vaccin (souvent imposé par les organismes de santé) et soulignait que sa décision ne tient pas lieu d'approbation des recherches et développements reposant sur l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement.

  • De surcroit, le Vatican précisait que la vaccination "n'est pas une obligation morale" et ne doit donc pas être rendue obligatoire. Mais que l'obligation morale pour les catholiques est de protéger leur propre santé ainsi que celle des autres pour le bien commun (ce qui peut donc justifier leur vaccination) et pour les laboratoires pharmaceutiques de développer des vaccins et médicaments éthiquement irréprochables.

Lecture:

  • L'Europe emboite donc le pas au Royaume-Uni et aux Etats-Unis qui avaient déjà validé le vaccin Pfizer et lancé leur campagne de vaccination. Et comme dans ces pays, le processus de validation a été pour le moins expéditif. Ajoutons à cela que l'AEM, qui se réclame politiquement indépendante, a néanmoins dans son passé été épinglée pour sa complaisance envers ses experts ayant des conflits d'intérêt [1]. Et l'on comprend mieux la réticence particulièrement élevée envers le vaccin en France…

  • Relevons aussi l'appui, juste à temps, du Vatican à la campagne de vaccination européenne. Il faut dire que l'on s'y attendait avec la création récente du "conseil pour un capitalisme inclusif" (cf. post du 10 décembre) puisque l'une de ses résolutions pilotée par Johnson&Johnson est de développer un vaccin contre le coronavirus bon marché et d'en distribuer plus d'un milliard de doses au niveau mondial d'ici 2021. Il est cependant intrigant de noter que le vaccin en cours de développement par Johnson&Johnson est l'un de ceux qui est basé sur l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement (cf. table ci-dessous).

[1] Article du Canard enchaîné, 7 décembre 2011, p 3, “Le gendarme européen du médicament testé corrupto-positif”

* i.e. sans recours l'utilisation de cellules fœtales obtenues après un avortement

(Références ici, ici, ici et et )