Point vaccination: les docteurs et infirmiers américains pas convaincus… (Les français non plus!)

  • D'après les premières remontées d'information en Californie, une large partie du personnel médical prioritaire sur la vaccination, entre 30% et 50%, refuserait d'être vaccinée (cf. graphique ci-dessous). Parmi les raisons évoquées:

  • Risque inutile. Les infirmiers et docteurs qui n'ont pas encore contractés le virus malgré une exposition sur plusieurs mois en 2020 pensent pouvoir continuer à éviter la contamination avec les gestes barrières. Et même en cas d'infection, ils pensent avoir de bonnes chances d'y survivre, le risque associé au covid-19 étant exagéré.

  • Risque incertain. Le personnel médical redoute des effets secondaires et ne veut pas servir de cobaye. Il a perdu confiance dans l'industrie pharmaceutique, le CDC et se questionne sur une possible influence politique dans la validation du vaccin.

  • Risque sur la grossesse. Les femmes enceintes, ou qui veulent le devenir, ne veulent pas prendre le risque du vaccin qui n'a pas encore été testé dans ce cas d'utilisation.

  • Pendant ce temps, en France, la campagne de vaccination piétine sous les critiques de la presse américaine. Mercredi dernier, 19.500 vaccins (seulement) avaient été administrés, contre 370.000 en Allemagne. Là aussi plusieurs arguments ont été avancés pour expliquer cet état de fait:

  • Le scepticisme des français sur les vaccins et les mouvements antivaccins. 60% des français seraient ainsi enclins à refuser le vaccin selon une enquête Ipsos, le double de la proportion des américains qui refuseraient le vaccin (30%).

  • Les démarches 'bureaucratiques' pour l'accès au vaccin. Une consultation avec le médecin environ 5 jours avant que le vaccin ne soit injecté et le consentement du patient ralentissent le processus de vaccination.

  • De manière concomitante, on apprend qu'une variante du virus apparue en Afrique du Sud en août dernier, et non relié a la variation B.1.1.7 de Londres, serait susceptible d'être 'plus résistante' aux vaccins.

Lecture:

  • Comment ne pas comprendre la réticence des français vis-à-vis de la campagne de vaccination alors même que celle-ci est loin de faire l'unanimité dans le corps médical aux Etats-Unis? Et pourquoi l'approche française est-elle si décriée par la presse Anglo-Saxonne? Le consentement du patient avant toute injection ferait-il peser une menace sur la chaine de distribution du vaccin et l'engagement de l'industrie pharmaceutique sur le vaccin? Autant de questions (rhétoriques) qui traduisent des tensions en matière de santé publique, qui ne manqueront pas de s'accentuer si des variations résistantes du virus venaient à se répandre…

(Références ici, ici et )