Rouvrir les églises? D'accord, mais après l'ascension...

Points principaux:

  • En France, le gouvernement est sommé par le Conseil d'État de lever l'interdiction de réunion dans les lieux de culte dans un délai de 8 jours (ed. c'est-à-dire avant le 26 mai puisque l'ordonnance a été rendue le 18 mai). Le Conseil d'État souligne en effet le «caractère disproportionné au regard de l'objectif de préservation de la santé publique» de cette interdiction.

  • En attendant de pouvoir recommencer à assurer le service du culte catholique, la conférence des évêques de France a assuré pouvoir organiser le service avec les distances physiques sanitaires nécessaires.

  • Aux Etats-Unis aussi, on observe un développement similaire puisque le département de justice américain vient de demander au gouverneur de Californie de faire des efforts en vu de permettre les rassemblements religieux. Les juges américains se sont dit préoccupés par une atteinte prolongée au respect des libertés civiles.

  • De fait, depuis mars les rassemblements religieux sont interdits en Californie, et ils le sont toujours alors que l’état vient d'entamer la première phase de son déconfinement. Le gouverneur de Californie a cependant déclaré qu'il pourrait lever l'interdiction dans les semaines à venir...

Lecture:

  • Bonne nouvelle donc, en France comme aux US les hautes institutions s'affairent à restaurer nos libertés individuelles, ici en réclamant la réouverture des lieux de cultes.

  • Mais aux US il semblerait que la motivation soit aussi de nature politique, puisque c'est l'occasion pour le gouvernement (républicain) de stigmatiser les positions du gouverneur Californien (démocrate), positions qui sont souvent en désaccord avec les directions fédérales.

  • En France, la raison de la prise de position du Conseil d'État est plus difficile à identifier, peut-être parce que plus symbolique qu'effective. Mais c'est un autre aspect de la décision qui retient l'attention ici: la ligne de temps. En effet, l'ultimatum du Conseil d'État expire le 26 mai, soit après le jour de l’ascension le 21 mai et après le dimanche suivant l'ascension le 24 mai. Si l'on se rappelle l'effort des 1% pour faire sauter l'ascension comme jour férié (cf. post du 6 mai "La transformation stakhanoviste du marché du travail français, c'est pour bientôt..."), on y voit ici une mise en condition des français. Il sera d'autant plus facile de soutenir une suppression du jour férié en 2021 qu'en 2020 il n'y aura pas eu de service religieux... Le Conseil d'État en quelque sorte interpelle le gouvernement pour lui souligner qu'il faut restaurer la liberté de culte en France pour le moment (il est trop tôt pour pouvoir la supprimer définitivement), mais que pour faire sauter l'ascension, c'est bon....

(Références ici et là)