Vers un télétravail généralisé où une exception américaine?

Points principaux:

  • Selon le président du Medef, bien que l’essor du télétravail a "amené beaucoup de satisfaction pour certains salariés", il a également provoqué "des burn-out (et) des problèmes de management au sein des entreprises". Il faudrait donc "retourner au travail" afin de "recréer de la richesse tous ensemble".

  • Cette appel arrive alors qu'une vaste enquête (éditeur: très sûrement conduite aux Etats-Unis) vient de révéler que le passage brutal au télétravail lors de la crise sanitaire n'a eu pour effet qu'une réduction de 1 % de la productivité, et que plus de 40 % des travailleurs préféreraient travailler à distance à temps plein à l'avenir.

  • Aux Etats-Unis les géants de la tech comme Twitter et Facebook ont annoncé en plus de la mise en place massive du télétravail en interne une politique de recrutement basée sur cette dimension. Ainsi ces entreprises pourront accéder à de nombreux talents qui n'auraient peut-être pas pu ou voulu déménager pour se rapprocher des locaux de l'entreprise.

Lecture:

  • On avait déjà signalé sur ce blog un risque accru sur la cyber-sécurité des entreprises du fait de la hausse brutale du télétravail (cf. post du 18 mai "Pas de barrière d’espèce ni de média pour le coronavirus"). Mais ici le président du Medef nous informe que le télétravail forcé à eu des répercussions sur la santé de certains employés et a perturbé les processus d'entreprise (on imagine surtout les processus RH qui nécessitent un contact humain).

  • Ce qui est intéressant d'observer c'est que le résultat d’enquête américain et les géants de la tech. US semblent prendre le contre-pied. Il faut dire que produire du code n'est peut-être pas aussi demandeur en terme de contacts humains, et que les grands groupes américains ont peut-être une approche plus 'créative' avec leurs processus RH. On rappelle que début mai Uber virait 3,500 de ses employés lors d'une téléconférence de 3 minutes (voir ici)!

  • En tout cas, il sera important de surveiller l'évolution de la situation sur les conditions de travail en entreprise pour comprendre si les géants de la tech. US sont les précurseurs d'un nouveau mode de travail généralisé ou si les changements qu'ils introduisent en leur sein ont une portée plus limitée. Malheureusement la première hypothèse (celle de l’émergence d'un nouveau mode de travail généralisé) pourrait s’avérer être la bonne, car elle va dans le sens d'une plus grande précarisation de l'emploi (synonyme de plus de contrôle, flexibilité et d’économies pour l'entreprise... cf. contexte décrit dans mon post du 23 avril "Aux US, le marché du travail en sortie de crise sera brutal (pour l'employé)! Et en France?...")

(Références ici et là)