Vers une nouvelle forme de société (Seattle en première ligne)

Points principaux:

  • Les protestataires anti-police à Seattle ont revendiqué un quartier de la ville que la police a abandonné en début de semaine afin de ne pas exacerber les violences. Les protestataires contrôlent maintenant l’accès à cette 'zone autonome' et n'accordent pas l’entrée aux policiers.

  • A l’intérieur de cette zone sont organisées des activités culturelles (visionnage de films, concerts) ou festives (distribution de nourriture). Mais la police de Seattle rapporte des cas d'intimidation et de raquette (des protestataires armés offriraient leurs services de 'protection' aux marchands et habitants du quartier).

  • Le président américain a fermement condamné l'acte de révolte, la qualifiant de 'terrorisme' et a demandé au maire de régler la situation au plus vite, avant qu'il ne s'en charge "lui-même".

Lecture:

  • D'abord regardons cette 'zone autonome' de plus près. Située dans le district 'Capitol Hill', elle compte environ 1.300 habitants (grosso modo en prenant une densité uniforme sur le district) soit 0.2% de la population de Seattle (voir image ci-dessous). Cette zone abrite aussi de nombreux bars LGBT qui en fait un lieu de rassemblement de cette communauté.

  • On avait déjà mentionné le mouvement anti-police dans cette revue (post du 10 juin "Aux US, on envisage de régler son compte à... la police!"), mais une étape supplémentaire vient d’être franchie. Avec la confluence des intérêts et des frustrations de la cause noire ("Black Lives Matter") et de la cause LGBT, c'est à l'apparition d'un embryon d’état que l'on assiste, avec même une espèce de frontière dans la ville (cf. image ci-dessous)!

  • Au passage, remarquons que la cause "Black Lives Matter" est subventionnée par la fondation "Open Society" de Georges Soros. Et que cette dernière n'a cessé d'augmenter ses investissements aux US depuis l’élection de Donald Trump : multipliés par plus de 12 en 4 ans (voir graphique ci-dessous)! Ça laisse à réfléchir sur la manière dont ce genre d'initiatives est financée.

  • Mais si une certaine élite américaine favorise ce genre de mouvements dissidents, il faut se poser la question de leur(s) intérêt(s) à le faire. Certes il y a l'aspect politique, car en cette année de réélection aux US ces événements discréditent l'autorité gouvernementale et plus précisément celle du président. Mais cette raison ne peut suffire. Un tel rejet de l’autorité avec la création d'une zone qui veut s'auto-gérer est un développement très dangereux, capable de déclencher une guerre civile. Et c'est peut-être avec cette hypothèse que l'on peut commencer à comprendre. Au bord de la guerre civile, le prochain gouvernement (démocrate) se trouverait justifié pour imposer des mesures contraignantes et liberticides (couvre-feux, restriction de mouvements, loi martiale? etc.). C'est le principe d'action - réaction. La société est cassée (économie à plat, redistribution des richesses inefficace, services publiques privatisés etc.). Elle ne peut se maintenir en l’état et doit changer de forme. Et l’élite nous concocte sûrement une forme de société beaucoup plus autoritaire avec contrôle accru des populations. Mais comme avec un balancier, avant d'y parvenir, il faut d'abord amener la population à un excès dans la direction opposée, pour la préparer à l’excès inverse qui conduira à la mise en place de la société dans sa forme désirée.

L’entrée de la 'zone autonome' à Seattle: un passage de frontière?

(Références ici et là pour la 'zone autonome'; ici et là pour "Black Lives Matter" et "Open Society")